La gare d’Asnières et son quartier, une métamorphose en images

Ouverte le 5 août 1838 sur la ligne Paris – Saint-Germain (première ligne française réservée aux voyageurs), la gare d’Asnières-sur-Seine a évolué avec les transports franciliens.

Quelques repères :

  • 1835 : Création de la Compagnie des Chemins de fer de Paris à St-Germain, ouverture de l'arrêt d'Asnières 3 ans plus tard.
  • 1855 : Fusion avec d’autres compagnies pour former la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. Ce nom est visible sur la gare jusqu'en 1908.
  • 1875-1892 : Développement des tramways (d’abord hippomobiles, puis électriques).
  • 1890 : Le bâtiment des voyageurs est édifié sur le quai D de la gare. Aujourd’hui, ce lieu abrite le Théâtre du Voyageur, accessible par l’avenue de la Marne.
  • 1897 : La gare conçue par l'architecte Juste Lisch pour l'exposition universelle de 1878, est démontée et reconstruite à Asnières-sur-Seine. Elle devient alors la gare électrique de Bois-Colombes. Voir le trajet Voltaire-Bourguignons
  • 1908 : La Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest est rachetée par l'Administration des Chemins de fer de l'État.
  • 1921 : Les lignes de tramway 39 et 45 remplacent le ligne 5 et 6 après absorption de la TPDS par la STCRP.
  • 1923 : Nouvelle gare avec 5 arches et une horloge.
  • 1938 - Les chemins de fer sont nationalisés. Le réseau est intégré à la SNCF. Mais il faudra attendre les années 50 avant que l'enseigne SNCF soit posée sur la gare d'Asnières.
  • 1962 : La gare est de nouveau reconstruite : de forme extrèmement simplifiée, rectangulaire. On devine le tunnel vers la rue d'Anjou.
  • 1968 : Asnières devient Asnières-sur-Seine pour se différentier de son homonyme située dans l'Eure.
  • 1998 : La gare prend sa forme actuelle.

Le parcours commence Place de la Station.

Comparez photos anciennes et Street View en scrollant !

Place de la Station, 1910

Vue depuis la rue Maurice Bokanowski (ex-rue de Paris).

Tramway, Place de la Station entre 1921 et 1923

La gare visible en arrière-plan est celle qui existait avant son remplacement en 1923, et la présence de la ligne de tramway 45, apparue en 1921 avec la compagnie STCRP, permet de dater cette carte postale entre 1921 et 1923. Sur le bâtiment de droite, on distingue un grand « K » peint : il pourrait s’agir d'une ancienne publicité pour les bouillons Kub. Aujourd’hui, la place est plus arborée, au point de cacher presque entièrement la gare depuis ce point de vue.

Place de la station

On avance un peu sur la Place de la Station (aujourd'hui Place de la Légion d'Honneur).

  • Sur la photo de 1907, On remarque une boutique Laitière Maggi à gauche. Julius Maggi, déjà connu pour avoir lancé la marque alimentaire Maggi en 1886 en Suisse (rachetée par Nestlé en 1947), a fondé la Société Laitière Maggi (SLM) en 1902 à Saint-Omer-en-Chaussée. Son emplacement près de la gare n’est pas anodin : dès 1907 Maggi utilise activement le réseau ferroviaire pour ses approvisionnements.
  • Sur le cliché de 1930, on distingue la nouvelle gare, construite en 1923. À droite, une publicité pour la lessive Saponite est encore visible en 1982. Aujourd’hui, le mur qui l’arborait est masqué par un bâtiment de même hauteur.
  • Depuis 1982, la place accueille un monument en bronze rendant hommage à Charles de Gaulle et André Malraux. Réalisé par le sculpteur Charles Correia (1930–1988), il marque l’espace de leur mémoire.

Bernot, Place de la station

Bernot Frères était une société de combustible-charbon, crée en 1890. Son siège était situé au 160 rue Lafayette à Paris.
Juste à côté, au 19 rue de la Station, se dressait aussi l'Institution Sainte-Geneviève (l'entrée principale est maintenant rue de la Marne). Fondée en 1859, cette institution était une maison d’éducation pour jeunes filles, proposant à la fois un pensionnat et un externat. Cédée à une congrégation catholique en 1867, elle abritait même, selon une description de 1923, un parc clos dans son enceinte.

Rue de la Station

À l’emplacement de l’actuel McDonald’s se trouvait autrefois un marchand de vin. Quant au bâtiment occupé aujourd’hui par la boutique Serraya, il a abrité successivement un restaurant proposant du vin d’Argenteuil (avant 1927) puis, en 1975, une enseigne spécialisée dans les collants et chaussettes Drag.

Rue de la Station, vers 1927

La Place, vue depuis la rue de la Station

La gare se situe dans notre dos. À gauche, le restaurant servant le célèbre vin d’Argenteuil occupe l’emplacement de l’actuelle boutique Serraya. Quant à l’hôtel proposant des chambres meublées, il a depuis cédé la place à un immeuble de cinq étages.

Rue de la Station, à l'angle de la rue de Normandie, 1908

Rue de la Station, à l'angle de la rue de Normandie, 1925

Rue de Normandie

À gauche, une cordonnerie a occupé l’angle de la rue pendant des décennies. À droite, jusqu’aux années 1930, un bazar nommé « À la Ménagère » animait le trottoir. Depuis 2012, une agence de la Caisse d’Épargne y a élu domicile, conservant la belle devanture en bois, dernier témoignage de l’ancienne « Parapharmacie de la Gare d’Asnières »

Rue de la Station, Asnières par Paul Signac

Ce tableau de Paul Signac, intitulé « L'Ombre dans la rue de la Station (Asnières) », fut présenté au Salon des Indépendants de 1884. Il représente les deux bâtiments situés à proximité de l’Alcazar — aujourd’hui remplacé par un Monoprix —, que l’on distingue sur les photographies deux sections plus bas.
En bas à droite du tableau, Paul Signac a apposé cette dédicace :« À madame Racine, hommages respectueux. »

La gare au fil du temps

L’architecture de la gare et le nom de son exploitant permettent de dater facilement les photographies.
Jusqu’à fin 1908, elle dépend du Chemin de fer de l’Ouest, puis passe sous la gestion du Chemin de fer de l’État jusqu’en 1938, avant d’être reprise par la SNCF. Notons que l’enseigne SNCF n’apparaît sur la gare qu’à partir des années 1950.
Son style architectural évolue à deux reprises : en 1923 et en 1962, avant que la gare actuelle, telle qu’on la connaît, ne soit construite en 1998.
Sur la carte postale datée de 1945, on reconnaît clairement l’affiche signée Albert Dubout pour « Naïs », le film de Marcel Pagnol mettant en scène Fernandel. Ce long-métrage, adapté de la nouvelle d’Émile Zola, est sorti en France le 28 novembre 1945 et a marqué le retour de Pagnol au cinéma après la Seconde Guerre mondiale.

L'Alcazar : du bar-restaurant au cinéma d'aujourd'hui

La gare se situe dans notre dos. Avant 1915, l’emplacement de l’Alcazar abritait un bar-restaurant doté d’une salle de bal. Le bâtiment, entièrement reconstruit, ouvre ses portes en tant que cinéma le 1er juin 1915. Il a été racheté par la ville d’Asnières en 1993. Ses salles ont été rénovées vers 2022.
De 1915 à 1972, le cinéma s’appelle L’Alcazar, devient Le Tricycle jusqu’en 1993, puis Ciné-Asnières avant de retrouver son nom d’origine, L’Alcazar, en 1997.

Rue Pasteur, 1908

Café le Cercle, Place de la gare

Vue de la gare et du café-restaurant Le Cercle depuis la rue Denis Papin.

Rue Denis Papin, 1905

Rue Denis Papin, les calèches, 1910

Les calèches attendaient les voyageurs à la gare.

Au bout de la rue Denis Papin

Nous arrivons à l'angle de l'avenue de la Marne et av. Henri Barbusse, qui étaient respectivement avenue de Courbevoie et avenue Pereire au début du XXe siècle. Henri Barbusse est né au 44 de l'avenue Pereire en 1873, l'avenue porte aujourd'hui son nom.

Angle rue Denis Papin et avenue de la Marne

Les deux voûtes en 1910

Les deux ponts de chemin de fer

Entre les deux ponts de chemin de fer

Nous venons de passer sous le premier pont, le 2e est en face. A gauche, un accès mène au Théâtre du Voyageur (voir vue suivante).

Bâtiment des voyageurs

Toujours accessible depuis l'avenue de la Marne, le bâtiment des voyageurs est devenu une salle de spectacle : Le Théâtre du Voyageur

Avenue Flachat

L'avenue Flachat longe la ligne de Versailles.

Les deux voûtes, de l'autre côté de la gare

Sur la photo-1, un panneau signale la présence d'un bureau de l’octroi. Cette taxe locale, perçue sur les marchandises entrant dans la commune, a été supprimée par une loi en 1943 avant d’être définitivement abolie par un décret en 1948.

Les deux voûtes

Pour arriver de ce côté de la gare, nous sommes passés sous deux ponts successifs. Le pont de la ligne d'Argenteuil et de Normandie et le pont destiné à la ligne de Versailles et Saint-Germain. Ce dernier est reconstruit en 1911 pour permettre le passage de 2 voies supplémentaires, il correspond au pont d'aujoud'hui.

Avenue de la Marne (ex avenue de Courbevoie)

Le Temple, avenue de la Marne

Un peu plus loin, avenue de la Marne (ex avenue de Courbevoie), on découvre un temple entre deux bâtiments. Il s'agit d'un temple protestant construit en 1869 pour la communauté anglophone d'Asnières et de ses environs. Il appartient aujourd'hui à l'église réformée de France.

Le Temple, avenue de la Marne

Rue de Bretagne

Retour près de voutes, à l'angle de l'avenue de la Marne et rue de Bretagne. L'escalier mène directement à l'un des quais de la gare. Le pont est celui construit en 1911.

L'escalier vers le quai de gare

Rue de Bretagne

Croisement de la rue de Bretagne et de la rue d'Anjou.

L'entrée de la gare est à droite.

Croisement de la rue de Bretagne et de la rue d'Anjou.

Il faut tourner la street-view à gauche pour voir l'entrée de la gare.

La gare, vue de la rue d'Anjou

Sortie de la gare, côté rue d'Anjou

Vers la rue d'Anjou

La gare est dans notre dos.

La gare, vue de la rue d'Anjou

L'ancienne épicerie

Un magasin Proxi était à la place de l'épicerie en 2008. Les locaux sont occupés aujourd'hui par une imprimerie.

Inondations de 1910, rue d'Anjou

En 1910, il n'y avait pas encore d'épicerie à gauche.

Rue d'Anjou